Créée en 2015, la Journée nationale de la qualité de l'air a pour objectif de sensibiliser les citoyens sur l'importance de respirer un air de bonne qualité. C'est à cette occasion que l’Ademe* a publié une étude sur l’exposition aux polluants des bougies parfumées et encens dans les environnements intérieurs. Cette dernière est partie du constat que, 68% des utilisateurs de bougies parfumées et 58% des utilisateurs d’encens pensent que cette pratique peut avoir un impact positif, selon un sondage TNS Sofres.
Cette perception est pourtant à l’inverse de la réalité, souligne l'Ademe. Cette dernière a analysé plusieurs scénarios d’usage de 9 bougies parfumées et de 9 encens (continu, régulier ou occasionnel). "Il est montré que certains usages de ces produits peuvent conduire à des dépassements de valeurs sanitaires pour certains polluants, préjudiciables aux personnes présentes (risques d’irritations des voies respiratoires…) et que des effets sanitaires à long terme sont possibles pour les utilisateurs intensifs.", indique-t-elle.
D'une manière générale, les niveaux de concentration atteints étaient plus importants pour l'encens que pour les bougies parfumées. "Cette étude, qui contribue à l’amélioration des connaissances sur les enjeux sanitaires liés à l’usage des bougies parfumées et encens, permettra de poursuivre les réflexions sur les mesures à envisager, en particulier concernant un étiquetage relatif aux émissions de ces produits.", conclut l'Ademe.
Un risque qui concerne tous les désodorisants d’intérieur
Ce constat est partagé par le ministère de l'Environnement qui précise que les produits désodorisants d’intérieur (encens, bougies, diffuseurs, sprays…) peuvent émettre des polluants volatils dans l’air intérieur, tels que du benzène, du formaldéhyde ou des particules. Une agence qui y est rattachée, l'Ineris, a d’ores et déjà publié un rapport sur l’utilisation d’encens et la qualité de l’air intérieur.
Ce document confirme que l'encens, utilisé par 21% des Français, émet des polluants volatils, en particulier du formaldéhyde et du benzène et que "ces émissions peuvent générer des effets sur la santé". En effet, le formaldéhyde est une substance irritante et cancérogène, principalement utilisée pour la fabrication de colles, liants ou résines. Le benzène est également une substance cancérogène issue de phénomènes de combustion (gaz d’échappement, cheminée, cigarette).
Afin de minimiser les effets de ces produits sur la santé, l'Ademe recommande donc des bonnes pratiques dans leur utilisation, en premier lieu de limiter leur fréquence et d'éviter de brûler plusieurs produits en même temps. Les adeptes d'encens peuvent privilégier les encens présentant le moins de matière: brûler un bâtonnet fin est préférable à un cône ou de gros morceaux de résine, de même que l'éteindre sans attendre la fin de sa combustion.
Modération et aération, les deux mots d'ordre
Par ailleurs, la fumée de ces produits ne doit pas être directement inhalée et la pièce doit être aérée après utilisation pendant 10 minutes, par une ouverture sur l'extérieur. A noter que leur usage doit être proscrit en présence de personnes au système respiratoire sensible, comme les enfants et les seniors. Outre les produits désodorisants, le ministère de l'Environnement pointent également les risques des produits d’entretien et d’ameublement.
C'est pourquoi "un étiquetage des produits d’ameublement est devenu obligatoire à l’instar des produits de construction et de décoration.", explique-t-il. Mais cette précaution est difficile à appliquer, tant les sources de pollution intérieure sont nombreuses: appareils à combustion, matériaux de construction, meubles mais aussi l'activité humaine en elle-même (tabagisme, produits d’entretien, bricolage, cuisine...).
Comme les substances présentes dans l'air extérieur, ces dernières peuvent favoriser l’émergence de symptômes tels que maux de tête, fatigue, irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau, vertiges ainsi que les manifestations allergiques et l’asthme. Avec à la clé des enjeux sanitaires et économiques, puisque le ministère estime à "19 milliards d’euros par an le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur."
En attendant un travail clair sur l'étiquetage de ces produits, ce dernier met à disposition l'outil "Un bon air chez moi" pour avoir un premier bilan de la qualité de l’air dans son logement. Il identifie également des solutions pour l’améliorer comme faire vérifier les appareils de chauffage à combustion chaque année, éviter le surdosage des produits d'entretien et les stocker dans des endroits aérés. Enfin, il faut penser à aérer son intérieur systématiquement, que ce soit après la douche, la cuisine, le bricolage ou le ménage.
*Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
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