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Covid-19 : à Toulouse, les soignants en appellent à la population - LaDepeche.fr

l'essentiel Alors que l'épidémie de Covid-19 impacte de plus en plus les établissements de santé, les principaux acteurs du soin en Haute-Garonne appellent à une responsabilisation de la population générale. Avec cet avertissement : si on ne ralentit pas la progression de l'épidémie, un nouveau tour de vis sera nécessaire. 

À la tribune, le discours est limpide. Le coronavirus circule activement en Haute-Garonne -notamment dans la métropole toulousaine-, le nombre de patients hospitalisés pour Covid-19 augmente et va encore augmenter, mais l'adhésion aux gestes barrières n'est pas totale dans la population. Ce vendredi 2 octobre, réunis au Pôle régional d'enseignement et de formation aux métiers de la santé, les principaux acteurs du soin tapent du poing sur la table.

"Nous avons beaucoup travaillé et nous allons continuer à nous engager, mais cela restera insuffisant si la population de notre territoire ne prend pas sa part. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où il y aura des renoncements aux soins. En journée, 90 % des piétons que je croise sont masqués mais lorsque je circule la nuit je vois bien qu'il n'y a pas de respect des gestes barrières dans les lieux festifs. Il est dommage que nous ne soyons pas capables de nous imposer un minimum de rigueur pour faire en sorte que ces moments puissent perdurer", résume le Dr Cyrille Chaugne au nom des médecins libéraux d'Occitanie (URPS).

"Une entrée Covid, c'est potentiellement un patient non-Covid que nous ne pourrons pas soigner"

"Nos hôpitaux, nos cliniques sont en tension, notre personnel aussi est touché par le Covid, nous avons réellement besoin que la population se responsabilise. Il est impératif de ralentir la propagation de ce virus car, c'est une des leçons de la première vague, si nous déprogrammons massivement, il y aura des retards de prise en charge, des situations complexes à gérer... Chaque fois que nous prenons en charge un patient Covid, c'est potentiellement un patient non-Covid que nous ne pourrons pas soigner", ajoute Yildiray Kucukoglu, directeur général de la clinique des Cèdres, vice-président de la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP).

Les établissements privés de Haute-Garonne viennent de rendre à l'ARS leurs propositions de plans de montée en charge. Certains, comme au CHU, ont initié des actions de déprogrammations ou de non programmation pour libérer des lits : "Nous devons réduire la voilure pour garantir des lits aux patients à la sortie des urgences", explique Marc Penaud, directeur général du CHU de Toulouse.

"Il faut se ressaisir dans la sphère privée"

Responsable du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Toulouse, le Pr Pierre Delobel souhaite "combler le fossé de perception". "Lorsque l'épidémie est remontée et été, elle concernait des personnes jeunes chez qui le Covid est quasi bénin. Mais aujourd'hui, toutes les classes d'âge sont concernées car le virus est passé chez les parents, les grands-parents. Nous avons l'impression qu'il y a un décalage avec ce que perçoit la population. Oui, il y a bien une montée franche du nombre d'hospitalisations avec des cas non négligeables de complications et de décès chez les plus de 60 ans. Oui, ça va continuer à monter. Oui, il plane sur nous un tour de vis supplémentaire avec des restrictions de liberté plus importantes. Nous pouvons agir, les mesures barrières fonctionnent puisque le taux de multiplication du virus n'est pas le même qu'au mois de mars mais il manque un effort de tout le monde pour arrêter la progression du virus. Il faut notamment se ressaisir dans la sphère privée", souligne l'infectiologue. 

"Nous lançons un appel à l'intelligence collective. La maladie ne choisit pas et peut toucher tout le monde donc tout le monde doit être dans la même démarche : port du masque, distanciation sociale, lavage fréquent des mains. Les médecins sont mobilisés mais nous allons devoir tenir dans la durée et jongler entre les patients Covid et le maintien de l'activité de soins. Tout ça ne sera possible que si la population est au rendez-vous", complète le Pr Stéphane Oustric, président du Conseil de l'ordre des médecins de Haute-Garonne. 

"Les mois d'octobre et novembre s'annoncent difficiles à gérer"

"Nous devons entendre l'alerte des soignants. La situation n'est pas bonne en Occitanie et elle est très mauvaise à Toulouse. Les impacts sont réels avec un quart des lits de réanimation occupés par des patients Covid, les mois d'octobre et novembre s'annoncent difficiles à gérer. En attendant un vaccin, des traitements, nous devons adapter notre façon de vivre. Le virus ne s'arrête pas à la maison ou quand on retrouve des amis, il circule tout le temps", conclut Pierre Ricordeau, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS Occitanie).

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