
"Mon engagement n’est ni politique, ni partisan". Nicolas Sarkozy s’engage dans la lutte contre le cancer des enfants. L’ancien chef de l’Etat devient le parrain de la campagne "Guérir le cancer de l’enfant au 21e siècle" lancée, pilotée par Frédéric Lemos, papa d’un petit garçon emporté par la maladie. Ensemble, ils espèrent récolter dix millions d’euros d’ici à 2020 pour les reverser à l’Institut Gustave Roussy. "C’est le nerf de la guerre pour faire avancer la recherche", affirme au Parisien Nicolas Sarkozy. Longtemps réticent à s’engager publiquement de peur que l’on assimile sa mission à une tactique politique, l’ancien président a finalement choisi de mettre ses "scrupules" de côté pour assister Frédéric Lemos.
Ce mardi soir, Nicolas Sarkozy sera présent à une vente aux enchères au profit de la recherche contre le cancer des enfants. "Je m’impliquerai personnellement et inciterai mes amis, mes réseaux à faire de même. Mon engagement sera total et sans limite. Je m’intégrerai dans une équipe, je ferai ce qu’on me dira de faire, irai là où on aura besoin de moi pour mobiliser les énergies. Je ne serai pas un parrain passif".
500 enfants et adolescents sont tués chaque année en France
Comme nous l'explique le Pr Gilles Vassal, Pédiatre oncolongue à l'Institut Gustave Roussy, trois types de cancer sont récurrents chez l'enfant : la leucémie, la tumeur cérébrale et le lymphome. 350 nouveaux enfants sont admis chaque année dans cet hôpital.
"Grâce aux progrès thérapeutiques des 50 dernières années, 80% des enfants à qui l'on diagnostique un cancer sont vivants sans maladie à 5 ans, soit 3 enfants sur 4. Mais au prix de traitements lourds qui peuvent entrainer des séquelles cardiovasculaires, des complications neuropsychologues et endocriniennes", explique le professeur, qui rappelle que la qualité de la guérison est un axe que doivent développer les médecins. La recherche avance-t-elle ? "Elle avance, mais nous voulons qu'elles avance plus vite parce que si 80% des enfants guérissent, un enfant sur 5 en meurt. Soit 500 enfants et adolescents en France chaque année et 6000 en Europe".
Le cancer est un vrai problème de santé publique. Chez l'enfant il peut se manifester dès la naissance. "C'est la première cause de décès par maladie chez l'enfant". Beaucoup de nouveaux traitements sont développés chez l'adulte, nous explique le professeur Gilles Vassal, mais encore trop peu chez l'enfant. "Ce que nous voulons, c'est équilibrer les recherches pour que les enfants ne soient pas laissés de côté. Il faut se mobiliser parce que c'est l'opportunité de guérir plus et de guérir mieux. Et le cancer n'est ni de droite, ni de gauche, il transcende les clivages politiques".
Les quatre grands projets de l’IGR
Et la recherche en a besoin : en France, 1 enfant sur 440 sera atteint d'un cancer avant ses 15 ans, rappelle l’IGR dans sa campagne. 2 500 enfants et adolescents sont touchés chaque année en France. 20% d'entre eux ne peuvent malheureusement pas être guéris à l'heure actuelle. Les progrès de la recherche sont leur seul recours. L’Institut met oriente sa barre vers quatre objectifs. Le premier consiste à développer l’immunothérapie, un traitement qui vise à administrer des substances pour stimuler les défenses immunitaires de l'organisme afin de lutter contre différentes maladies.
Le deuxième objectif de l’IGR concerne la génétique : pour comprendre pourquoi certains enfants développent des cancers et identifier les prédispositions génétiques qui en sont responsables. Le troisième axe consiste à améliorer la qualité de guérison des enfants et adolescents pour comprendre, dépister et prévenir les complications tardives à l'âge adulte. Et enfin, le dernier point sera de faciliter le parcours de soin en développant de nouveaux outils d'information et d'éducation thérapeutique sur des supports interactifs et digitaux, comme tel fut le cas pour les patientes atteintes d’un cancer du sein.
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